French

LE DANGER DE L’HISTOIRE UNIQUE

Une comparaison entre les États-Unis et plusieurs pays en Afrique 

Par Joy Nyokabi et Leann Abott

Chimamanda Ngozi Adichie, une écrivaine Nigeriane

Le danger de l’histoire unique est un livre de Chimamanda Ngozi Adichie selon une parole qu’ellle a donnée aux réunions de TED. Moi et mon amie Leann, avons analysé ce livre, tout en focalisant l’attention sur l’effet en Afrique, les résultats en occident, l’histoire vraie de l’Afrique et enfin comment transmettre cette histoire à nos enfants.

Le Danger de l’histoire unique de l’Afrique

Quelle est l’histoire unique de l’Afrique? Pour la plupart des gens, quand ils écoutent l’Afrique, ils pensent à “un lieu de paysages magnifiques, et de gens incompréhensibles qui mènent des guerres absurdes, meurent de la pauvreté et du sida, qui sont incapables de plaider leur propre cause et attendent d’être sauvés par un étranger blanc et bon”. Ngozi, 2009.

A titre d’exemple, Chimamanda explique que son colocataire était choquée de découvrir qu’elle parlait anglais puisque l’anglais est la langue officielle du Nigeria. De plus, au cours d’un de ses voyages, Virgin a diffusé une annonce en parlant de pays comme l’Inde, l’Afrique et d’autres pays.

Cette histoire unique a commencé avec des marchands de l’époque qui ont cherché de justifications au colonialisme. L’un d’entre eux qui s’appelait Rudyard Kipling a décrit les Africains comme ‘mi-diables mi-enfants’

Ces histoires ont commencé la tradition de raconter les histoires d’Afrique en Occident comme “terre de différences, de négativités et de ténèbres”. Comme l’explique Chimamanda, 

“ Quand on montre un peuple comme ‘une chose, une seule chose, une seule et unique, encore et toujours et il devient cette chose”. 

Chimamanda Ngozi

C’est comme cela qu’on crée une histoire unique.

Par contre, la conséquence de l’histoire unique, est que: “elle dépouille les gens de leur dignité, elle nous empêche de voir que nous partageons la même humanité. Elle met l’accent sur ce en quoi nous sommes différents, plutôt que sur ce en quoi nous sommes semblables”. 

Les conséquences de l’histoire unique en Afrique 

(Joy)

Cette histoire unique a eu les conséquences pas seulement au niveau de l’image de l’Afrique en Occident mais aussi chez les Africains eux-mêmes. 

Yaa Asantewaa Statue, Ejisu, Ghana

En premier lieu, il a effacé l’histoire de l’Afrique.  Un continent existant depuis la formation des êtres humains a commencé son existence seulement à partir de colonialisme. La conséquence est que les jeunes Africains d’aujourd’hui n’ont aucune foi dans leur continent. Ils ne savent pas les histoires d’une Afrique prospère comme celle de l’homme le plus riche de l’histoire Mansa Moussa; un prince malien dont la richesse estimée était de 400 milliards de dollars en 1280, ou celle du grand empire du Bénin qui régnait en Afrique de l’ouest depuis le 11ème siècle ou même celle de Yaa Asantewaa, la reine mère du royaume d’Asante qui a mené la guerre la plus célébre contre les Britanniques en 1900. 

Par contre, l’histoire qui est enseignée dans les écoles est celle qui glorifie le colonisateur. Pour donner des exemples, comme étudiant au lycée, j’étais enseignée à propos des avantages du colonialisme. Au cours d’une excursion, nous sommes allés voir la statue de Vasco de Gama quand il a découvert la côte de l’Afrique de l’est en 1498. Cette nuit-là nous étions tous excités d’avoir dormi dans la chambre où la Princesse Elizabeth a dormi avant de devenir la Reine Elizabeth en 1953, en oubliant qu’en même temps nos grands parents étaient esclavagisés par eux. 

La statue du Cecil Rhones débouloné à Cape Town, 2015

A propos de la partition de l’Afrique, on l’a apprise selon le point de vue des colonisateurs, en suivant les succès de Cecil Rhodes et Ian Smith. Ajoutons à cela, dans le cadre du club des scouts, nous avons chanté des chants de Baden Powell, enterré à Nyeri en 1941 dont la tombe est un monument national au Kenya. Tous ces homme ont commis des atrocités sur les  Africains. Aujourd’hui le mouvement #BlackLivesMatter et les étudiants de l’Afrique du Sud dénoncent ces actes et abattent leurs statues; à mon avis un geste nécessaire pour changer une histoire incomplète.

En deuxième lieu, l’histoire unique de l’Afrique a donné naissance à une infériorité raciale, culturelle et spirituelle. La croyance qu’un Africain est moche, pas intelligent, impie et incapable de créer des systèmes qui fonctionnent, comme le suggère subtilement le Tintin comique a lentement mais sûrement détruit toute confiance que l’Africain avait en soi même. Moi-même comme exemple, étant enfant, à l’âge de 6 ans, ma mère m’a emmenée chez le coiffeur pour lisser mes cheveux pour que je puisse être plus belle, en conséquence ce processus chimique  m’a laissé une énorme cicatrice sur la tête. En grandissant, j’étais toujours jalouse de ma soeur qui a la peau plus claire que moi, croyant que la peau de chocolat est moche. Au Congo, cette croyance a des conséquences plus grave, puisque les femmes enceintes prennent des pilules pour blanchir la couleur de la peau de leur bébé, afin qu’ils puissent être né moins noirs. 

 Dans le même ordre d’idée, l’histoire unique des Blancs est qu’ils sont saints, bons de coeur et intelligents. À cause de cela, les étrangers commettent des crimes en toute impunité et trompent les masses en Afrique. Il y a quelque jours, un missionnaire américain a plaidé coupable pour des abus sexuels sur des mineurs dans un orphelinat au Kenya, un centre qu’il a ouvert en tant que délinquant sexuel enregistré. 

Alors, au cas où nous continuerions à garder une histoire unique de l’Afrique, l’histoire va se répéter. Déjà, on voit des milliers d’Africains qui se noient dans la mer Méditerranée en essayant d’arriver en Europe même sans être esclave. En outre des entreprises chinoises sont accusées du néocolonialisme de l’Afrique comme elle ont pris le contrôle des ports zambiens et des forces de police, sans oublier le pillage en cours des ressources naturelles africaines par les entreprises occidentales. 

Effet en occident 

(Leann)

L’histoire unique de l’Afrique a ses échos aux États-Unis, où l’histoire des bêtes qui ont besoin d’un Blanc pour les gérer a influencé profondément l’histoire de ce peuple dans le nouveau monde. Cette histoire est à mettre au compte de John Locke, qui les ont décrits de cette manière : 

Bêtes qui n’ont pas de maison. Ce sont aussi des gens sans têtes, ayant leur bouche et leurs yeux dans leurs poitrines.”

John Locke

Ce conte a initié une tradition des histoires africaines à destination de l’Occident qui présente l’Afrique subsaharienne comme un lieu néfaste, des divergences, des ombres. 

Puis, trois siècles plus tard, après que l’esclavage est terminé aux États-Unis, une association appelée les “Filles de la Confédération” ont pris l’avantage du pouvoir de l’histoire unique. La transmission de leur rhétorique aux enfants consistituait la plupart de leurs activités. En effet, elles savaient bien que la formation des pensées des enfants est la force la plus importante, ce qu’elles ont montré par leurs exploits sans même avoir le droit de vote. Leur exploit a eu l’impact le plus important: elles exigeaient que les écoles rejettent des manuels d’histoire qui décrivaient les maîtres comme cruels et injustes. En fait, elles ont ajouté un autre élément à l’histoire – que les Noirs aimaient être esclaves. Voici une citation du manuel “L’histoire de Georgia”, sorti dans les années 50 :

“Le maître souvent faisait un barbecue ou un pique-nique pour ses esclaves. Ils fêtaient avec joie. Même en travaillant dans les champs de lin, ils chantaient. Le rythme de la musique et la richesse de leurs voix ont rendu leur travail léger. »

L’histoire de Georgia

Des contes de cette forme régnaient dans les livres d’histoire jusqu’aux années soixante-dix, ça veut dire, après le travail de Martin Luther King Jr. Donc, voici l’histoire unique qu’on a racontée à nos parents, et l’histoire que ma mère m’a transmise quand elle m’a inscrite dans ce club. Certes, aujourd’hui, elles ne font beaucoup plus que manger des petits sandwiches et collectionner des fonds pour soutenir des vétérans, mais chaque réunion commençait et finissait avec la même histoire – que l’esclavage n’était pas si grave que ça, et que, malgré ce que dit le Nord, l’esclavage n’était pas la raison pour la sécession des états du sud. Par contre, chaque état du sud a souligné que l’esclavage était la raison principale de la sécession. Voici la déclaration de Mississippi :

Notre position est à fond identifiée avec l’institution de l’esclavage, l’intérêt matière la plus excellente du monde. 

La déclaration de Mississippi

En continuant à l’heure actuelle, l’histoire unique se manifeste par une manque de détails concernant les histoires des peuples minoritaires. Premier exemple, d’histoires de l’Afrique et de l’Amérique du Sud sont peu enseignées. Deuxième exemple, j’ai finalement appris l’histoire du moyen orient à l’université, où j’ai découvert qu’ils ont inventé l’algèbre. Troisième exemple, le chapitre de l’histoire d’Asie, une conglomération de cinq pages de l’histoire des cultures les plus anciennes du monde, n’a jamais été touché par mes professeurs d’histoire. Au contraire, il y avait de la résistance dans ma ville quand une école publique décidait d’enseigner l’histoire du Mexique aux élèves. Par conséquent, les élèves de couleur n’apprennent jamais leur propre histoire. Pareillement, sans appréciation de l’histoire des peuples de leurs collègues, les enfants blancs tirent l’image qui vient des médias. 

À titre d’exemple, les Mexicans. Une histoire qui m’a touchée dans ce livre, c’est quand l’auteur a remarqué qu’elle avait une histoire unique des Mexicans. L’image dans sa tête était celle de l’immigrée misérable qui se fait arrêter à la frontière et qui escroquait la sécurité sociale. Pour elle, ce qui lui a permis de contester cette image, c’était son voyage à Guadalajara, où elle a vu que les Mexicains étaient tous comme elle. Pour moi, c’était la semaine que j’ai passée avec la famille de ma colocataire à l’université, dont la mère est la femme la plus accueillante et généreuse que je n’aie jamais rencontrée.

La vraie histoire de l’afrique 

Selon Chimamanda,

Le problème de stéréotypes n’est pas qu’ils ne sont pas correctes, mais qu’ils sont incomplètes. Pour cette raison, je vous donnerai quelques exemples pour compléter l’histoire de l’Afrique. 

Chimamanda Ngozi
Université de Tombouctou, au Mali

Me croiriez-vous si je vous disais que la plus ancienne université était commencée en Tombouctou, au Mali en 982 CE?

Connaissez-vous “Mara”? Le premier smartphone “Made in Africa”? Ou bien de «m-pesa», un système utilisé partout en Afrique pour faire les transactions en tapant sur le portable.  Le saviez vous ? Les Rwandais prennent tous les jours des bus publics électriques.

Mara, un portable Rwandais

Voudriez-vous visiter le seul parc national d’une ville dans le monde à Nairobi? Ou visiter la Tanzanie où les souris détectent des mines antipersonnels?

 Avez-vous entendu de la musique de Fela Kuti ou Manu Dibango qui ont influencé les chansons de Jay Z, Bob Marley et Michael Jackson? Avez-vous entendu parler de Nollywood qui produit plus de films chaque année que Hollywood? 

Et si ce sont là des histoires qui viennent de l’Afrique? Et pourquoi ne m’a-t-on pas enseigné cette histoire là à l’école? 

Solutions en Afrique

Certes, Chimamanda avait raison quand elle a dit que “bien que les histoires aient été utilisées pour déposséder et pour calomnier, ils peuvent aussi servir à reprendre du pouvoir et à humaniser. Des histoires peuvent briser la dignité d’un peuple, mais ils peuvent aussi restaurer cette dignité brisée.”

C’est pour cela qu’il faut absolument enseigner l’histoire complète de l’Afrique dans les  écoles. Il faut encourager plus d’écrivains à écrire les histoires africaines. Il faut aussi réagir contre l’histoire unique de l’Afrique en utilisant le média, les programmes, les chaînes, la presse écrite pour donner les histoires diverses de l’Afrique. Comme par exemple, montrer la beauté africaine sur les publicités, d’avoir les bandes dessinés qui sont évocatrices, même les dessins animés qui montrent les princesses et les princes africains. On sait maintenant que la représentation importe. 

Solutions en Occident

En occident, il faut absolument transformer notre manière d’enseigner l’histoire. Comme notre société est de plus en plus colorée, il est impératif qu’on n’ignore plus l’histoire des autres cultures.

Pareillement, les livres et les films qu’on donne à nos enfants forment leur impression des cultures étrangères. Pour une compréhension globale d’une culture, il faut des légendes et les comptes de la vie normale ainsi que les faits historiques. Par exemple, si l’image de l’Afrique que tiennent nos enfants est limitée au Roi Lion, Kirikou, et les contes des missionnaires dans la campagne,  ils resteraient toujours en ignorance. Imaginons notre impression d’un réfugié si on savait que dans les camps de réfugiés les gens jouent au foot et qu’ils éprouvent même de la joie en bavardant avec leurs amis. Alors, on peut trouver ensembler un point commun: moi, aussi, j’aime jouer au foot ! Bref, ils deviennent tout à coup pour nous plus humains. 

Il y a un grand pouvoir dans la sélection de nos bibliothèques personnelles. Voici quelques conseils pour faire augmenter notre appréciation de nos prochaines lectures :

Je voudrais aussi vous montrer quelques livres, soit positif ou negatif, qui complètent mon histoire et qui m’ont aidée à restaurer la confiance en moi-même et en mon continent. 

En conclusion, l’histoire unique de l’Afrique a un tel impact sur le monde, mais on peut choisir de remettre notre histoire à l’endroit dans notre génération à travers le partage de l’histoire de l’Afrique avant la colonisation aux Africains et à leurs descendants du monde entier, ainsi qu’à leurs prochains, et tout cela commence par la formation de nos enfants, à l’école et à la maison. 

Tout cela commence aussi par la prise de conscience de l’être humain africain à se regarder comme il est et non à travers le regard de l’autre; à se prendre en charge et à aimer découvrir sa propre histoire, telle qu’elle s’est passée, avec ses hauts faits et aussi avec sa part d’ombre.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.